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Historique de l'entité

En guise d’introduction à l’histoire de l’entité de Manage ….

NOTRE PASSE, A TIRE D’AILE.

 

1. Aux lointaines origines.

A l’origine, la région dans laquelle devaient s’implanter nos premières populations, était recouverte de forêts. Les premiers groupes humains, probablement des tribus celtes, s’y répandirent et s’implantèrent ici et là dans les clairières et les endroits plus accessibles. Ce sont sans doute les premiers habitants de nos contrées. Remarquons au passage, que les noms modernes des localités qui forment aujourd’hui notre entité communale, sont largement inspirés de cette époque sylvestre :Bois-d’Haine, Fayt et La Hestre, ces derniers faisant référence au hêtre, arbre commun de la région.

A travers ces étendues boisées, au premier siècle de l’ère chrétienne, les Romains, après avoir conquis le pays, tracèrent leurs grandes voies de communications, ou chaussées. L’une d’entre elles, conduisant de Bavai à Cologne, passait à proximité. Son tracé rectiligne peut encore être suivi de nos jours sur la chaussée dite Brunehault. A partir de ces routes principales, diverses voies secondaires ou diverticula, furent aménagées et des communautés humaines se fixèrent bientôt à proximité de ce réseau.

C’est vraisemblablement de cette manière que débuta la véritable histoire de nos communes. Lors de fouilles relativement récentes, des chercheurs ont exhumé des traces de présence humaine ici et là, dès le début de notre ère : sur les hauteurs de Jolimont, le long de la rue de Nivelles, à Bellecourt, à Longsart, etc.

Des fouilles célèbres.

En 1904, à l’initiative de Raoul Warocqué, des fouilles furent entreprises sur le territoire faytois, aux confins de Jolimont. Elles rapportèrent une foule d’objets de l’époque gallo-romaine, sur le site d’une nécropole : urnes funéraires, vases, verreries, fibules, monnaies, ….. Un rapport circonstancié de ces découvertes fut dressé et des vitrines furent réservées au Musée Royal de Mariemont où elles peuvent être admirées.


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En 1997, une campagne de fouilles menée par une équipe scientifique avant le lotissement d’un terrain à la jonction des rues de Nivelles et Dieu d’En Bas, sur le territoire de Bellecourt, apporta également son lot de renseignements quant au peuplement de notre commune à l’époque gallo-romaine et fit l’objet d’une communication lors d’un colloque de niveau universitaire tenu à Mons.

2. Des moines et des seigneurs.

A propos de cette histoire lointaine, on ne connaît que fort peu de choses et il faudra attendre le début du second millénaire pour trouver les premières mentions écrites de l’existence de nos villages ainsi que le début de leur organisation. Nous devons celle-ci aux abbayes, Lobbes, Aulne, et Bonne-Espérance, fondée au XIIème siècle, ainsi qu’aux seigneurs féodaux. Ainsi naquirent nos différents villages peuplés de quelques dizaines d’habitants, groupés autour de leur chapelle, sur un territoire bien délimité, sous l’autorité civile reconnue d’un seigneur et paroissiale, d’un prêtre. On peut dire que c’est de cette époque que datent les limites de nos anciennes communes et, par voie de conséquence, de notre actuelle entité.

Voici, très schématiquement, un aperçu des différentes seigneuries qui se partagèrent l’autorité sur nos villages jusqu’à la Révolution Française qui marque la fin de cette époque nommée communément Ancien Régime:

Bellecourt : domaine direct des comtes du Hainaut, à partir du XIVème siècle, sur lequel l’abbaye de l’Olive à Morlanwelz, possédait des terres. Du point de vue religieux, Bellecourt dépendait de la paroisse de Morlanwelz.

Bois d’Haine : deux seigneuries sont connues. Celle de Bois-d’Haine, d’abord vassale de Boussoit, dont le seigneur, Jean Sausses, transmet le bénéfice de la terre de Bois-d’Haine à l’abbaye de Bonne-Espérance en 1315, puis des Comtés de Hainaut, et celle de la Motte qui relevait de la même cour féodale.

Fayt : fondation de la première chapelle par Gilles du Sart, en 1253. Deux seigneuries connues : celle de l’Escaille et celle de Fayt. A partir du XVème siècle : les deux seigneuries sont réunies sous l’autorité de l’influente famille de Gongnies.

La Hestre : Réunie civilement et religieusement à Haine-Saint-Pierre depuis la fin du XIIIème siècle,La Hestre a appartenu successivement à trois familles : Bonlez-Bossut-Quarlemont, Montigny et Carondelet-Noyelles.

Manage : Quatre seigneuries occupèrent le territoire manageois : Bois et Manage, Tyberchamps, Buisseret et Scailmont. L’abbaye de Bonne-Espérance fonda, en 1131, sur le territoire de cette dernière, un prieuré – celui de Saint-Nicolas - où résidèrent les moines chargés des offices à Fayt et à Bois-d’Haine.

tyberchamps-mini.jpg

 

 

scailmont-mini.jpg

Longtemps, Fayt, Bois-d’Haine et Bellecourt furent des villages-frontière entre le Duché de Brabant, sur lequel s’étendait Manage, et le Comté de Hainaut, duquel ils faisaient partie ainsi que la Hestre. Par ailleurs, au cours du temps, nos villages connurent le passage de nombreuses troupes étrangères, au gré des guerres que se livraient les monarques de l’époque. Le XVIIème siècle fut particulièrement fertile en événements de ce genre qui étaient généralement synonymes de destructions, de rapines et autres calamités.

Manage et Fayt furent même le théâtre d’une bataille sanglante opposant les troupes françaises de Louis XIV et une coalition d’Espagnols, de Hollandais et d’Impériaux, le 11 août 1674. Cette boucherie se termina sans vainqueur mais laissa sur le terrain des milliers de victimes au milieu d’un champ de ruines.

La bataille de Fayt dite de Seneffe.

En 1672, alors que notre pays est sous domination espagnole, Louis XIV entreprend une vaste campagne contre les Pays-Bas pour satisfaire par les armes, ses revendications territoriales. Après deux tentatives infructueuses clôturées par autant de retraites, la campagne de 1674 amena les troupes des deux camps dans nos parages. Cinquante mille Français sous les ordres du Prince de Condé et soixante-cinq mille coalisés dirigés par le Prince d’Orange, s’affrontèrent le 11 août dès le matin. Les premiers engagements eurent lieu dans le village de Seneffe et se déplacèrent rapidement vers le Prieuré Saint-Nicolas. C’est cependant sur le territoire de Fayt, dans la ravine de l’Escaille où l’on se battit tout l’après-midi, que la bataille trouva sa conclusion à la tombée de la nuit. Selon les sources, de 14.000 à 28.000 victimes furent dénombrées. Chaque camp revendiqua la victoire.

La fin de l’Ancien Régime vit aussi le début de l’industrie charbonnière sur le territoire de La Hestre, avec la constitution de la Société des charbonnages d’Haine-Saint-Pierre et La Hestre, en 1755. Parallèlement, se dessine, sous l’impulsion des maîtres charbonniers de la région, la route de Nivelles à Bray qui jouera un rôle capital dans l’essor de l’industrie charbonnière locale et régionale. Elle sera fonctionnelle en 1764.

De cette époque, le témoin majeur reste le château de l’Escaille, à Fayt. Dans son état présent, flanqué de sa ferme ancestrale dont une tour date du XVIème siècle, et de son étang, il reflète assez bien le cadre qui le vit accueillir Marie-Elisabeth d’Autriche, gouvernante générale des Pays-Bas, en 1739, ou Charles de Lorraine, quelques années plus tard, durant un de leurs séjours estivaux au château de Mariemont. Quant au Prieuré Saint-Nicolas, il n’en reste que quelques pans de murs qui ne permettent pas de se faire une idée correcte des lieux qui comprenaient de vastes bâtiments de ferme au milieu de plusieurs hectares de prés et de champs.

3. Les débuts d’une ère nouvelle.

L’occupation française qui s’exerça effectivement dès 1794, apporta son cortège de changements fondamentaux qui bouleversèrent le quotidien de nos populations. La transition fut douloureuse et les excès, nombreux. A ce moment, nos villages n’étaient que des bourgades agricoles de quelques centaines d’habitants, comme le montre ce tableau :

Population autour de 1805.

Bellecourt 220 (1802)

Bois-d’Haine 511 (1808)

Fayt 588 (1802)

La Hestre 607 (1806)

Manage Non connue.

Dès 1795, les nouvelles lois révolutionnaires abolissent l’ordre ancien et créent les municipalités, approximativement sur la base des contours des anciennes seigneuries. C’est d’alors que datent officiellement les communes de Bellecourt, La Hestre (détachée de Haine-Saint-Pierre), Bois-d’Haine et Fayt (appelé Fayt-lez-Seneffe). Par contre, le hameau de Manage fait partie intégrante de la commune de Seneffe. Toutes nos communes font désormais partie du département de Jemmapes, future province du Hainaut. Chacune est dirigée par un maire et par des assesseurs ou échevins et pourvue d’un conseil municipal.

Le XIXème siècle naissant voit s’opérer les prémices des grandes transformations qui vont marquer l’avenir et qui vont faire de ces cent années, une période capitale dans l’histoire de nos villages.

4. La révolution industrielle à Manage.

Dès le début des années 1800, en effet, de nombreux villageois, jusqu’alors attachés aux travaux de la terre, vont prendre le chemin des mines de charbon. Celles-ci se développent tous azimuts dans le voisinage immédiat : Mariemont, Bascoup, Haine-Saint-Pierre et Haine-Saint-Paul, La Louvière, … De nos cinq communes, seules La Hestre et Bellecourt possèdent des puits sur leur territoire. La Société des charbonnages de La Hestre et Haine-Saint-Pierre, l’une des plus anciennes de la région, ouvre des sites d’exploitation en grand nombre, en particulier dans les fonds de La Hestre. A Bellecourt, c’est à la Société de Mariemont-Bascoup qu’appartiennent les fosses creusées à la limite de Morlanwelz. Des tentatives d’exploitation sous les villages de Bois-d’Haine, de Fayt ainsi que de Manage aboutiront à des échecs.

L’industrie métallurgique s’implante d’abord à Fayt, grâce à un homme qui compte parmi les grandes figures industrielles de notre pays : François-Isidore Dupont. Il crée en 1821, le long de la chaussée, un complexe de forges et laminoirs, duquel sortiront une partie des rails qui équiperont la première ligne de chemin de fer du continent, entre Malines et Bruxelles.

Toute cette production minière et sidérurgique ne pouvait pas trouver de débouché sans un réseau de voies de communication performant. Cette contrainte n’échappait évidemment pas aux brillants industriels de l’époque ni à leurs relais politiques. Parmi ces derniers, Adolphe Dechamps, hôte du château de Scailmont à Manage, pesa de tout son poids dans la prise des décisions. Ministre au cours de la décennie 1840-50, il contribua à faire de Manage, un nœud ferroviaire de premier plan, dès 1842. Avec le réseau de canaux mis en place durant la décennie qui suivit l’indépendance nationale, le développement du chemin de fer apportait à nos villages et à la région du Centre toute entière, un atout essentiel à sa prospérité.

Les gares de Manage.

Le 26 décembre 1842 était inauguré le tronçon Braine-le-Comte – Manage, de la ligne Bruxelles-Charleroi. L’année suivante, la première gare était construite. Desservie d’abord par une seule ligne, elle se retrouvera bientôt … au milieu des voies en raison de la multiplication des liaisons : Mons-Manage (1849), Manage-Wavre (1854), Manage-Piéton (1865). Vers 1890, le nombre de convois tant de marchandises que de passagers rendit la situation intenable. De multiples incidents et accidents se produisirent et conduisirent à la décision de construire un nouveau complexe digne d’une des plus grandes gares du pays. Les travaux débutèrent en 1900 et se terminèrent un an plus tard. Au même moment, la commune entière subissait une révolution urbanistique : ouverture de rues, construction d’une nouvelle église, d’une poste et d’une gendarmerie modernes. Cette station monumentale fut livrée à la pioche des démolisseurs en 1973.


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La présence d’une gare importante à Manage ne pouvait qu’accélérer l’industrialisation de ce qui restait un hameau de Seneffe. Dès 1849, une première verrerie importante voyait le jour grâce à Apollinaire-Adrien Bougard. Une dizaine d’autres suivront à partir de 1880, animés par des maîtres-verriers de valeur, les Wauty, les Michotte, les Hirsch, les Castelain… La réputation de Manage comme centre verrier majeur s’affirme au fil des décennies. Simultanément, des velléités de scission d’avec Seneffe voient le jour sous l’impulsion de la bourgeoisie locale. Une première affirmation d’indépendance sera marquée par l’avènement d’une paroisse autonome en 1854, suivie, en juillet 1880, de la création de la commune de Manage.

A Bois-d’Haine, par contre, le véritable essor industriel ne se produisit que dans les dernières années du siècle, essentiellement dans le secteur sidérurgique et grâce, là encore, à un génie industriel de dimension : Augustin Gilson. C’est lui qui fut à la base de la création des Boulonneries Gilson et des Ateliers du Thiriau qui firent connaître Bois-d’Haine un peu partout dans le monde.

Cette extraordinaire accumulation d’activités nécessitait une main d’œuvre abondante que la population de nos villages ne pouvait satisfaire. Dès lors, on assista, au cours de ce siècle à un développement exponentiel de la démographie. Le tableau ci-dessous traduit à suffisance ce phénomène qui amena nos cinq villages, à l’aube du XXème siècle, à une population totale proche de celle que nous connaissons aujourd’hui.

 

VILLAGES18301850187018901910
BELLECOURT3474487389411657
BOIS D'HAINE520750146719853625
FAYT-LEZ-MANAGE9751943313939175129
LA HESTRE9971645272835134287
MANAGE   31325103

 

5. Des Manageois à la pointe des luttes pour l’émancipation ouvrière.

Politiquement, nos communes furent dotées d’une ébauche d’organisation démocratique dès la proclamation de l’indépendance nationale, en 1830. Notre première constitution était, on le sait, l’une des plus avancées au monde. Les élections communales inaugurales eurent lieu en juillet 1836. Bourgmestres, échevins et conseillers communaux périodiquement élus par les " notables " locaux, présidèrent désormais aux destinées de nos communes.

Si le XIXème siècle est caractérisé par une prospérité qui fit du Hainaut l’une des régions les plus riches d’Europe, il est aussi marqué par la pauvreté de la masse laborieuse. Dans la seconde moitié du siècle, commencent à s’organiser des associations militant pour l’amélioration de la condition ouvrière. Dans cette lutte, nos anciennes communes prirent une part active. A Fayt, dans le fond de la Basse-Hestre, en 1869, fut fondée " La Solidarité ", première coopérative à se déclarer ouvertement socialiste. Quelques années plus tard, de ses rangs, sortiront les promoteurs de la première Maison du Peuple et du Progrès de Jolimont. Les noms de ces pionniers identifient encore certaines de nos rues : Théophile Massart, Emile Herman, Henri Léonard, Abel Wart.

L’émancipation ouvrière : des leaders de renom à Fayt et à La Hestre.

Tout commença autour de 1865, par la création d’une section belge de la première Internationale. Rapidement, des meetings se tinrent dans notre région pour répandre les idées socialistes. C’est à la suite de cette propagande que voit le jour à Fayt, plus exactement à la Basse-Hestre, " La Solidarité ". La population ouvrière, particulièrement dense à Fayt et à La Hestre, se montre d’emblée sensible aux idées nouvelles et, travaillée par des meneurs convaincus et efficaces, participe activement aux réunions publiques, manifestations et grèves. En 1886, un an après la création du Parti Ouvrier Belge, est fondée à Jolimont, la coopérative " Le Progrès " dans les locaux de la première Maison du Peuple du pays. Théophile Massart, natif de Fayt mais citoyen de La Hestre, en sera le premier directeur.

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En 1887, lors des élections communales, Emile Herman, à Fayt, et Ferdinand Cavrot, à La Hestre, font partie des premiers élus socialistes du Royaume. Cette représentation du monde du travail, jusqu’alors inexistante, se fera désormais de plus en plus réelle.

6. Un vingtième siècle de contrastes.

Le XXème siècle est incontestablement celui des grandes mutations. Le premier conflit mondial, au cours duquel nos communes ne connaîtront aucun fait de guerre marquant, voit cependant de nombreux jeunes gens tomber au champ d’honneur. A la sortie des hostilités, la vie économique reprend son cours dans un climat moins euphorique que par le passé. En effet, l’industrie verrière connaît un certain essoufflement qui aboutira à des fermetures dès le début des années trente. Les petites entreprises à caractère artisanal ressentent aussi les effets d’une conjoncture en pleine évolution. La plupart des brasseries locales, par exemple, sont amenées à cesser leurs activités. De nombreux métiers, bourreliers, tonneliers, maréchaux-ferrants, charrons, etc, qui rythmaient la vie de nos villages, disparaissent.

Seule l’industrie métallurgique lourde maintient sa prospérité, à Bois d’Haine, notamment, avec les Ateliers du Thiriau et les Usines Gilson. A La Hestre, par contre, l’antique Société des charbonnages de Haine-Saint-Pierre et La Hestre est dissoute en 1911 et ses restes sont absorbés par sa puissante voisine de Mariemont. Avec quelques décennies d’avance, les puits de la Hestre connaissent le sort de leurs homologues de la région : la fermeture.

Dans la foulée, l’agriculture n’appelle plus guère de bras, les espaces agricoles ayant été progressivement réduits à la portion congrue par l’augmentation exponentielle de la population. Dans ce cadre, l’habitat social prend un essor qui culminera à grand renfort de constructions de cités ouvrières, un peu partout sur le territoire communal, après la guerre 1940-45.

Une entreprise d’un genre particulier : l’Institut Saint-Bernard, de l’orphelinat au centre psychiatrique moderne.

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Créé en 1881 par l’abbé Stiévenart, l’institution accueillit d’abord des orphelins auxquels les Frères de la Charité de Gand enseignèrent diverses formations professionnelles : menuiserie, imprimerie, cordonnerie, … A la demande du gouvernement, de jeunes handicapés mentaux y furent regroupés dès 1885. L’Orphelinat de la Sainte-Famille, comme il s’appelait à l’époque, connut un développement continu et comptait en permanence plusieurs centaines de pensionnaires. Durant la guerre 1914-18, ils furent rejoints par de nombreux réfugiés. En 1937, par décision supérieure, l’Orphelinat cessa d’exister pour ne plus comporter qu’une section psychiatrique. Aujourd’hui, un personnel médical, paramédical, social et administratif fort de près de quatre cents personnes prend en charge plus de quatre cents pensionnaires.

La Seconde Guerre Mondiale épargne relativement nos cinq communes. Aucune destruction majeure n’y est déplorée. Par contre, elle impose un exil forcé à de nombreux jeunes dont certains ne reviendront pas. Elle connaîtra aussi son lot d’héroïsme et de trahison. En juillet 1942, nos villages sont incorporés à La Louvière et cessent d’exister administrativement jusqu’à leur libération, en septembre 1944.

Après la période de reconstruction du pays, la récession reste discrètement perceptible jusqu’au milieu des années soixante, époque qui connaît des fermetures retentissantes de mastodontes tels, entre autres, que les Usines Gilson (1965), à Bois-d’Haine, et l’Anglo-Germain (1967), à La Croyère. De plus en plus, la population est contrainte à rechercher du travail hors de ses murs. Nos villages subissent dès lors les transformations classiques des centres en mal de reconversion. Ils deviennent progressivement des lieux de résidence dans un paysage largement dépourvu d’activité économique pourvoyeuse d’emploi.

Un folklore omniprésent de début février à fin juin.

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La Région du Centre est une terre de folklore mondialement reconnue. Cette tradition se matérialise surtout à travers le Carnaval. A partir du début du mois de février, cette activité festive polarise aussi les énergies de nombre de nos concitoyens. Les soumonces se succèdent à un rythme effréné. Comme partout ailleurs, le gille est roi et martèle le pavé au son du tambour. S’il est plus que centenaire à La Hestre, le carnaval n’a cependant qu’un peu plus de septante-cinq ans à Manage. A Fayt, il est beaucoup plus récent et s’organise de nos jours autour d’une festivité originale qui lui est largement antérieure : le Bal Blanc, fondé en 1907. Bois-d’Haine de son côté, vit au rythme de son ancestral Chaudeau ou Caudia.

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7. La dernière révolution ?

Depuis la fin de la guerre, toutes nos communes, à l’exception de Bellecourt, sont dirigées sans interruption, par des majorités homogènes socialistes, par ailleurs beaucoup plus anciennes à Bois-d’Haine (1895), La Hestre (1907) et Fayt (1921). Dès le début des années septante, se profile une révolution copernicienne : la fusion des communes. Au niveau de la future entité, elle connaîtra un prélude : celle de Bellecourt et de La Hestre, effective en 1971. Le 1er janvier 1977, les quatre villages restants ne constituent plus qu’un ensemble : Bois-d’Haine, Fayt, La Hestre et Manage forment une seule commune de quelques 21.000 habitants.

UNE GRANDE FIGURE POUR CHAQUE VILLAGE.

Chacune de nos localités possède sa figure historique de proue - sa star, en quelque sorte - celle dont la renommée dépasse largement les frontières de son terroir et transcende les limites de son époque.

BELLECOURT : Léon Guinotte (1870 – 1950). Né à Morlanwelz, la même année que Raoul Warocqué, Léon Guinotte était le fils de Lucien, homme de confiance d’Arthur Warocqué qui lui confia la direction des charbonnages de Bascoup. Léon reçut une solide formation juridique qui l’amena à siéger à la Cour d’Appel de Bruxelles. Mais c’est dans la gestion des charbonnages qu’il fit cependant carrière. Au décès sans postérité de son ami Raoul Warocqué, il en fut le légataire universel et devint le dirigeant principal de l’importante Société des Charbonnages de Mariemont-Bascoup. Parallèlement à sa carrière industrielle, il s’investit en politique tant au plan local comme bourgmestre de Bellecourt (de 1908 à 1945), qu’au plan national, comme sénateur. Il avait épousé Louise Vanderstichelen-Rogier, fille d’un ancien ministre libéral, dont la générosité a marqué le souvenir de nombreux Bellecourtois. Léon Guinotte fit construire, à la limite de Morlanwelz, le domaine du Pachy où il habita avec sa nombreuse famille. Il mourut le 21 décembre 1950.

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BOIS-D’HAINE : Louise Lateau (1850 – 1883). Née à Bois-d’Haine dans une famille pauvre, rapidement orpheline de père, Louise Lateau fut confrontée dès son jeune âge à la maladie et à l’indigence. Encore gamine, elle s’occupa des malades de son village et montra une grande capacité de service, de dévouement et de compassion. Sans instruction, profondément croyante et proche du curé de la paroisse, elle tomba gravement malade à 18 ans et son corps fut le siège de phénomènes mystérieux. L’apparition des stigmates, à partir de 1868, engendra une vive émotion parmi la population et entraîna, dans les années qui suivirent, une vague de spéculations tant scientifiques que religieuses, non dépourvues d’aspects polémiques. Louise Lateau attira aussi, souvent malgré elle, de nombreux visiteurs dans sa modeste maison de Bois-d’Haine, village qui, grâce à elle, connut la notoriété nationale et même internationale. Aujourd’hui, sa cause de canonisation a été introduite et attend un jugement.

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FAYT-LEZ-MANAGE : François-Isidore Dupont (1780 – 1838). Issu d’une famille de fermiers, François-Isidore Dupont manifesta des dons précoces pour la mécanique. A vingt ans à peine, il fonda une clouterie le long de la chaussée, sur le territoire de Fayt. Quelques années plus tard, il érigea une platinerie et une forge à Arquennes. C’est cependant en 1821 que débute vraiment sa carrière de grand industriel avec le montage de son usine sidérurgique de Fayt, pourvue des procédés les plus modernes de travail du fer. La création et l’expansion des chemins de fer dans notre pays lui donna l’occasion de développer ses activités au point de devenir, à l’instar de John Cockerill, l’un des industriels les plus en vue en Belgique. Il fut également sénateur dans les premières années de l’indépendance nationale. Après sa mort, en 1838, son fils Emile continua l’œuvre de son père qui fit entrer le village de Fayt, de plein pied dans l’ère industrielle.

LA HESTRE : Théophile Massart (1840 – 1904). Né dans une famille ouvrière de Fayt,Théophile Massart acquiert une formation de forgeron qu’il pratique durant plusieurs années. Peu scolarisé, il lit cependant beaucoup et s’intéresse de près à la condition des ouvriers, au point de prendre part très tôt aux premières velléités d’organisation de la classe ouvrière de la région du Centre. En 1871, il devient le trésorier de l’Union des Métiers, groupement syndical qui achète le premier local ouvrier du pays, future Maison du Peuple de Jolimont. Il est aussi l’animateur de la section socialiste de Fayt qui participe à la fondation du Parti Ouvrier Belge, en 1886. La même année, il accède au poste de premier directeur de la coopérative de consommation du Progrès, qu’il occupera jusqu’à sa mort, en 1904. Etabli à La Hestre, il en sera également échevin dès les premières élections au suffrage universel, en 1895.

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MANAGE : Adolphe Dechamps (1807 – 1875). Né à Melle (Flandre Orientale) où son père dirigeait un établissement d’enseignement, Adolphe Dechamps vint se fixer au château de Scailmont, à Manage, vers 1815. Il fit de fortes études dans le sillage de maîtres illustres dans les domaines aussi variés que les mathématiques et la philosophie. Sa carrière politique qui devait le porter dans les plus hautes sphères de l’Etat, débuta dans les années qui suivirent l’indépendance. Député à 27 ans, gouverneur du Luxembourg en 1842, il obtint un portefeuille ministériel dès 1843. En 1845, il fut ministre des Affaires Etrangères et, à ce titre, l’un des hommes les plus influents du Royaume. Adolphe Dechamps joua évidemment un rôle de premier plan dans l’histoire de Manage, étant à la base du passage de l’importante ligne de chemin de fer Bruxelles-Charleroi à travers de ce qui n’était encore qu’un hameau de Seneffe, ouvrant la voie au développement des activités industrielles, notamment verrières. Il fut également l’artisan de la création de la paroisse de Manage, prélude à la séparation administrative de Manage et de Seneffe qui interviendra après sa mort. Son frère cadet, Victor, sera nommé archevêque de Malines en 1867, et cardinal en 1875.

Pour la C.H.E.M., Joseph STRALE.

Pour en savoir plus sur l’histoire de Manage …

La Commission d’Histoire de l’Entité Manageoise (C.H.E.M.) est à votre service.

Adresses de contact :

MUYLAERT-GOBERT, Michel, président. Rue Scailteur, 18, 7170 - Manage. Tél. 064 54 86 63

HARDAT, Philippe, secrétaire. Rue Frison, 14, 7170 - Manage. Tél : 064 55 95 91 OMPAOR

PHILIPPRON, Annie, trésorière. Le Reposoir, 12, 7170 - Fayt-lez-Manage. Tél. 064 54 16 36

STRALE, Joseph, responsable des publications. Avenue E. Herman, 46, 7170 - Fayt-lez-Manage. Tél. 064 54 12 91

La C.H.E.M. a publié :

1992 Le passé de l’entité de Manage par l’image.

Lionel DURAY, Michel MUYLAERT-GOBERT, Annie OMPAOR, Joseph STRALE

1993 Les sociétés charbonnières de Fayt et Bois-d’Haine.

Joseph STRALE

1994 Bal Blanc. Joseph

STRALE

2001 C’était au temps où Manage brassait. Histoire des brasseries de l’entité. Joseph STRALE

2004 CIDA et Kwatta, l'histoire du cacao et du chocolat bois-d'hainois.

Philippe BRACQ, Joseph STRALE.

 

La C.H.E.M. est également dépositaire des publications de la Commission d’Histoire de Fayt-lez-Manage :

1974 La Bataille de Fayt dite de Seneffe. épuisé Charles DINEUR

1978 La Maison Notre-Dame du Travail. disponible Maurice VAN VLASSELAER s. j.

1986 Du charbon sous Fayt. épuisé Joseph STRALE

1988 Châteaux et grandes familles de Fayt. épuisé Joseph STRALE

1989 Moulins de nos villages. disponible Joseph STRALE

De plus, …

La Commission édite depuis 1996, une revue trimestrielle, Les Cahiers du Grand Manage, ainsi que des numéros spéciaux annuels. Pour tout renseignement, adressez-vous à l’un des membres cités plus haut.

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